L’Union des Entreprises Luxembourgeoises a été surprise par l’échange dans les médias entre la Chambre des salariés et Monsieur le Ministre de la Sécurité sociale annonçant une manipulation, voire un blocage, du mécanisme de l’ajustement des pensions pour éviter une adaptation à la baisse des pensions.
Pour rappel : Au Luxembourg, les pensions bénéficient, en sus de l’indexation automatique, d’un ajustement au niveau général des salaires. Il est à relever que l’ajustement est un système qui peut théoriquement agir à la hausse comme à la baisse. L’annonce inattendue faite par le Ministre semble vouloir ajouter un effet de cliquet au mécanisme afin d’empêcher le système de revenir en arrière et pour le forcer ainsi à aller toujours de l'avant.
Une telle décision, si elle devait être mise en œuvre, serait un précédent particulièrement malvenu pour essentiellement deux raisons :
- quant à la gouvernance : Il est peu élégant d’abandonner un principe de la réforme des pensions sans débat ni consultation des partenaires sociaux, uniquement pour des raisons de convenance et surtout sans argument de fond qui plaiderait à légiférer dans ce sens, le tout alors que le pays se trouve en pleine recomposition gouvernementale et avant même l’existence d’un programme de gouvernement.
- quant au fond : En ces temps de prise de conscience sur l’état réel de nos finances publiques, il apparaît peu opportun d’alimenter le sentiment erroné que les pensions pourraient continuer à inexorablement augmenter quel que soit le sort du reste du pays. En effet, le nouveau gouvernement devra, bon gré, mal gré, affronter la réalité et annoncer bientôt aux électeurs et aux assurés que la récente réforme ne suffira pas à garantir la survie à moyen terme du système.
Si le nouveau gouvernement entend effectivement s’orienter dans le sens d’un blocage momentané de l’ajustement, l’UEL se doit d’ouvrir dès maintenant le débat visant un blocage définitif de l’ajustement aux salaires. En effet, le taux de remplacement exorbitant au Luxembourg en comparaison internationale et le maintien de l’indexation automatique des pensions à l’évolution des prix, ne laissent pas d’autre choix que de sauver le système des pensions par une suppression de l’ajustement (voir notre publication “Une retraite pour tous”).
UEL, le 18 novembre 2013






