C’est en présence du Vice-Premier Ministre et Ministre de l'Economie, M. Etienne Schneider, que la Chambre de Commerce a tenu ce mardi 22 avril 2014 son Assemblée Plénière constituante. Le Ministre a officiellement présenté les résultats des élections de 2014 qui ont désigné les nouveaux membres élus de la Chambre de Commerce pour un mandat de 5 ans.

L’Assemblée Plénière est l’organe de décision suprême de la Chambre de Commerce et représente l’ensemble des plus de 50.000 entreprises membres. Elle fixe l’organisation interne de la plus grande organisation professionnelle du pays, approuve son budget et détermine les grandes orientations stratégiques de son action.

La composition de l’Assemblée Plénière de la Chambre de Commerce reflète l’ensemble des secteurs économiques luxembourgeois (hormis l’artisanat et le secteur agricole). 

L'Assemblée Plénière a procédé à la constitution du Bureau de la Chambre de Commerce et a reconduit le mandat de Président de M. Michel Wurth et élu les quatre Vice-Présidents MM. Robert Dennewald, Fernand Ernster, Jean J. Schintgen et Carlo Thill pour une période de 5 ans.

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Le Président de la Chambre de Commerce a remercié l’Assemblée de la confiance qu’elle lui a témoignée en lui proposant un troisième mandat et s'est dit très motivé à poursuivre avec les membres élus et le personnel de la Chambre de Commerce l'important travail de modernisation entamé sous les mandatures précédentes. L'objectif étant de proposer aux plus de 50.000 entreprises membres une panoplie de services parfaitement adaptée à leurs besoins et à positionner la Chambre de Commerce comme un partenaire de confiance non seulement des entreprises, mais également des fédérations et autres organisations patronales ainsi que du Gouvernement, qu'elle entend accompagner sur des sujets aussi variés que la promotion de l’économie, le développement des entreprises ou encore la formation initiale et professionnelle des acteurs de l’économie luxembourgeoise.

Dans son premier discours devant la nouvelle Assemblée Plénière, le Président de la Chambre de Commerce s'est penché sur les défis socio-économiques de la nouvelle mandature. D'entrée de jeu, M. Wurth a souligné qu'il partageait entièrement la volonté de changement affichée par le nouveau Gouvernement et a assuré au Ministre de l'Economie, présent dans la salle, le soutien de la Chambre de Commerce dans sa priorité à restaurer l’équilibre des finances publiques à l’horizon 2017 et à limiter l’endettement à moins de 30% du PIB.

M. Wurth a rappelé que la santé des finances publiques n’était pas une fin en soi, mais qu'elle reflétait la vigueur d'une économie, la santé des entreprises et donc la force de frappe compétitive du pays. La santé des finances publiques étant une résultante directe de la croissance et donc des emplois et des recettes fiscales générés, M. Wurth a plaidé pour un nouveau modèle de croissance. Selon le Président de la Chambre de Commerce, le Luxembourg devra mériter sa croissance, une croissance qui sera tout à fait indispensable pour financer durablement le système social du pays.

Pour le Président de la Chambre de Commerce l’objectif de l’équilibre des finances publiques ne sera atteint que si deux conditions sont réunies. Premièrement, l’établissement d’une nouvelle croissance économique, à caractère intensif, c.à.d. basée sur des gains de productivité dans tous les aspects des secteurs public et privé. Deuxièmement, la réduction du chômage et en particulier l’intégration des demandeurs d’emploi résidents sur le marché du travail. Si le Gouvernement décidait de faire abstraction de ces deux conditions, l’assainissement nécessaire des finances publiques devrait être effectué principalement par ponction sur l’économie, ce qui serait destructeur de croissance et donc de ressources nouvelles et aboutirait à un appauvrissement général de l’économie et de ses agents, à l’instar de ce qui se passe dans les pays de l’Europe du Sud.

Pour une nouvelle croissance

Le Président de la Chambre de Commerce a estimé que le Luxembourg se trouvait à la croisée des chemins et devait faire un choix. Soit le pays accepte une décote au niveau de sa richesse - c’est-à-dire il accepte de se rapprocher davantage des niveaux de richesse par tête de ses pays voisins - soit il augmente sa productivité ou sa compétitivité. M. Wurth a poursuivi que la productivité était un concept parfaitement tangible et largement à la portée des décideurs politiques et économiques, puisqu'il s'agirait d’utiliser de manière optimale l’ensemble des ressources disponibles. 

M. Wurth a ensuite présenté un ensemble de 5 facteurs permettant d’augmenter la productivité:

  • améliorer la compétitivité-coût et donc endiguer le dérapage des coûts salariaux,
  • favoriser les investissements en capital fixe, permettant à leur tour d'améliorer la productivité apparente du facteur travail,
  • augmenter les exportations à travers notamment la promotion de l'image de marque du Luxembourg,
  • mettre en oeuvre la simplification des procédures d'autorisation et la réduction des délais et des formalités,
  • promouvoir au sein de l'administration publique une culture "orientée clients".

Réduire durablement le chômage

Avant de conclure, le Président de la Chambre de Commerce s'est penché sur le phénomène du chômage et a estimé qu'un des principaux défis à relever était de donner priorité au marché du travail des résidents demandeurs d’emploi, en leur fournissant toutes les clés de réussite. L’évolution du marché du travail au Luxembourg a montré qu’il n’y a pas de corrélation entre la création d’emplois et la réduction du chômage. Les raisons de l’augmentation du chômage parallèlement à la création d’emplois et malgré les efforts louables des ministres du travail sont connues : très grande attractivité des rémunérations sur le marché luxembourgeois par rapport à celles en vigueur dans la Grande Région, salaires nets dans la fonction publique, dans le secteur social et de la santé avec un SSM luxembourgeois plus élevé que le salaire médian français, dynamique des rémunérations du travail plus grande au Luxembourg, différentiel de formation des frontaliers par rapport aux résidents sous-employés confrontés de ce fait à une probabilité plus grande d’être exclus du marché du travail, etc.

M. Wurth a présenté 5 pistes à creuser pour réduire structurellement le chômage et donner une chance aux résidents demandeurs d’emploi sur le marché du travail :

  • réformer l'enseignement fondamental et secondaire, en poursuivant l'objectif du développement des compétences, de l'amélioration de l’employabilité des jeunes élèves et de la diminution drastique du nombre des décrocheurs scolaires,
  • engager une réflexion sur l'élargissement de l’apprentissage en mode dual (formation en alternance) aux secteurs et aux entreprises qui ne pratiquent pas, à l’heure actuelle, cette forme de formation des jeunes,
  • réduire le coût du travail pour les entreprises pour faciliter le recrutement des personnes à la recherche d’un emploi,
  • réfléchir à l'introduction d'une catégorie d’emplois pour laquelle l’entreprise paierait un coût inférieur au salaire minimum. Il s’agirait de trouver des formules visant à subventionner le coût du travail en lieu et place du financement du chômage et de l’inactivité en général,
  • réformer le droit du travail, de l'Adem et la création dentreprise, dont celle par le biais de la sàrl simplifiée.

En effet, l’ensemble des mesures précitées seraient à compléter par des mesures de flexibilisation du droit du travail de nature à inverser la courbe du chômage en offrant de nouvelles opportunités à des résidents demandeurs d’emploi. Un droit du travail verrouillé comme celui du Luxembourg ne pourrait en effet pas garantir la prétendue sécurité d’emploi. Mais il pourrait empêcher les entreprises, et notamment les start-up, à recruter. Il faudrait par conséquent fluidifier le marché du travail et simplifier l’organisation du travail, en réformant notamment le régime du chômage intempéries et en augmentant la flexibilité du temps du travail par l’allongement de la période de référence ou la prise en compte de la saisonnalité, par exemple.

M. Wurth a conclu que sur tous ces chantiers la Chambre de Commerce serait prête à s'engager pro-activement par l'élaboration de propositions et la mise en place de programmes d'action concrètes, ceci en vue d'aider le Gouvernement à apporter au pays le changement nécessaire à la modernisation du pays.

La promotion de la compétitivité de l’économie nationale est un souci majeur et constant de tous les acteurs économiques. Pour assurer une croissance économique durable, pérenniser les systèmes de sécurité sociale et financer le progrès social, il est indispensable d’améliorer constamment l’attractivité et la compétitivité de l’économie luxembourgeoise par la mise en place d’un environnement législatif et réglementaire favorable aux entreprises.

L'UEL élabore, de concert avec ses membres, les positions des entreprises sur des sujets interprofessionnels, les défend auprès des pouvoirs publics et des syndicats et les présente aux médias. L’UEL s’engage activement dans le débat sociopolitique, dans le respect du développement durable et de la responsabilité des entreprises.

 

 

Sur tous les sujets qui sont de son domaine de compétence, l'UEL est régulièrement amenée à élaborer des dossiers de fond pour soutenir ses prises de positions. Les domaines concernés sont : l'économie et la fiscalité, l'emploi et les relations de travail, la sécurité sociale, le développement durable, l'éducation et la formation, la simplification administrative, la concurrence... En toute transparence, l'UEL publie ses réflexions.